Livre 2: Le Jeune homme et son désespoir (1933-1946) – Chapitre 12: Se tenant dans les airs (1933)

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Billy ne sut jamais comment il arriva à la maison. Pendant une seconde, il se tenait sur une colline verdoyante et la seconde d’après il se retrouvait dans l’obscurité de sa chambre. Il n’avait même pas eu le temps de cligner des yeux. Où était-il allé? De quelle façon s’était-il rendu là-bas et par quel moyen était-il revenu à la maison? Cette expérience l’ayant ébranlé, il se blottit dans son lit. Mais il ne trouva pas le sommeil, cette nuit-là. Il tourna et retourna les paroles de l’ange dans son esprit, se demandant ce que ça pouvait bien  signifier.

Le lendemain, au travail, Billy fut très prudent, même nerveux. Il s’attendait à ce que quelque chose de radical se produise. Pendant sa pause de midi, il s’arrêta à l’épicerie où George De Ark et son frère Ed travaillaient. Billy était à l’arrière en train de raconter sa vision à George lorsqu’une femme arriva à la porte d’entrée. Une pression particulière effleura Billy, le même genre de sensation qu’il avait expérimenté lorsqu’il était entré dans l’autobus Greyhound, la fois où l’astrologue l’avait accosté. Il le mentionna à son ami : « Il y a quelque chose de bizarre à propos de cette dame. »

S’arrêtant au comptoir, la femme dit à Ed DeArk : « Je cherche un homme du nom de Branham. On m’a dit que c’était un homme de Dieu. »

Eh bien, ça doit être votre jour de chance, il est justement dans le magasin. » Ed appela à l’arrière : « Bill, il y a quelqu’un ici qui veut te voir. »

Lorsque Billy arriva, la femme demanda : « Êtes-vous William Branham, le prophète de Dieu? »

« Je suis William Branham. »

« Êtes-vous celui qui a accompli un miracle sur M. William Merrill à l’hôpital et qui a aussi guéri Mary Der Ohanion après qu’elle eut été estropiée pendant dix-sept ans? »

Billy secoua la tête : « Madame, vous faites erreur. Je suis William Branham et j’étais là lorsque ces choses se sont produites, mais je ne les ai pas guéris. C’est Jésus-Christ qui a opéré ces miracles. »

Cela la satisfit. « J’ai perdu un immeuble et je voudrais que vous le localisiez pour moi. »

Billy ne comprit pas ce qu’elle entendait par cette déclaration, mais il savait toutefois que cette situation correspondait à l’avertissement de la vision de la nuit dernière. Il dit : « Madame, vous n’êtes pas venue voir la bonne personne ; vous cherchez probablement un médium ou une diseuse de bonne aventure. » Elle eut l’air surprise : « N’êtes-vous pas un médium? »

« Non, Madame. Les médiums sont du diable. Je suis un chrétien et j’ai l’Esprit de Dieu. »

Le regard de la femme devint glacial. Soudain, Billy prit conscience qu’elle-même était un médium. Il dit : « La nuit dernière, dans une vision, le Seigneur m’a envoyé un ange pour m’avertir de votre venue et m’a dit de faire attention. Ce travail que vous faites vient du diable et attriste l’Esprit de Dieu. »

La femme porta la main à son cœur : « Je… j’ai besoin de médicaments. »

« Madame, cessez de faire ces choses et votre cœur se portera bien. »

Elle tourna les talons et sortit du magasin en trombe. Toujours en vue, elle s’arrêta et porta à nouveau la main à son cœur de toutes ses forces. Poussant un cri aigu, elle s’écroula sur le trottoir. Lorsque Billy et Ed arrivèrent, elle était déjà morte.

 

Jules Pierre Moune

Éditeur de La Plateforme, Il peut Publier et supprimer un Article.

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