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Chapitre 93: La mission d’Éliézer (1965)

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Chapitre 93: La mission d’Éliézer (1965)

A L’AUTOMNE de 1964, William Branham acheta un permis pour chasser le couguar. Pendant le mois de janvier 1965, il se rendit dans la région montagneuse du nord-est de l’Arizona, pour se joindre à un jeune homme du nom de Dawson Riley. Dawson gagnait sa vie à titre de pourvoyeur et de guide de chasse. Il était un spécialiste de la chasse aux lions de montagnes, aussi appelé couguars. Ce sont de très grands félins qui habitent les régions montagneuses de l’Ouest. Appelés couguars dans les États du Nord, on leur donne souvent le nom de pumas dans les États du Sud. Les couguars sont reconnus pour leurs manœuvres astucieuses et leur capacité à déjouer l’ennemi. À moins de s’équiper d’un chien de chasse pour suivre la piste de ces «lions», ils représentent un véritable défi pour le chasseur.

Avec un attelage de chevaux de bât pour porter leur équipement, Bill et Dawson chevauchèrent à travers les montagnes, jusqu’à un endroit propice à l’installation d’un camp de base. Le lendemain matin, ils sillonnèrent plusieurs petites vallées, à la recherche d’indices trahissant la présence d’un couguar. Très tôt le matin du troisième jour, les chiens reniflèrent une piste. Au début, ils ne savaient pas s’il s’agissait de la piste d’un couguar, puis Dawson trouva des empreintes de pattes révélatrices au bord d’un ruisseau. Tout le matin durant, ils suivirent les traces du couguar sur 20 milles [30 km] de sentiers, en pleine forêt vierge. À la fin de l’après-midi, le couguar avait gagné les régions plus élevées. Ici, le sol durci et sec donnait du fil à retordre aux chiens renifleurs. Lorsque la vallée les conduisit aux pieds de plusieurs canyons escarpés, ils perdirent momentanément la trace du félin. Espérant augmenter leurs chances de retrouver la piste du félin, ils se séparèrent, Bill d’un côté et Dawson avec les quatre chiens, de l’autre.

Lorsque Bill arriva à mi-chemin du canyon qu’il avait pris, il immobilisa sa monture et sortit ses jumelles pour mieux étudier les saillies rocheuses qui le surplombaient. Un côté du canyon était encore ensoleillé, alors que l’autre était enveloppé d’ombres et recouvert de plaques de neige. Il examina soigneusement les pentes ombragées, espérant y voir quelque chose se mouvoir. Il repéra un coyote, mais il n’était pas à la chasse au coyote aujourd’hui.

Les ombres s’allongeaient au fur et à mesure que les rayons de soleil s’estompaient à l’horizon. Là où les pentes arides du canyon jouissaient d’assez de terre, les pins de Ponderosa et les pins à pignons, s’accrochaient aux pentes et dominaient l’étendue. Il y avait, cependant, bien des endroits qui étaient trop rocailleux pour permettre à la végétation de croître. Descendant de sa monture, il étudia le sable dans le lit d’un ruisseau asséché. Soudainement, le cri perçant d’un couguar fendit l’air en modifiant rapidement son registre vocal. L’écho de son cri venait du canyon supérieur, Bill était sur la bonne piste.

Un frisson lui parcourut le dos. Ce n’était pas la peur. Il s’agissait plutôt d’un frisson chargé de reconnaissance pour l’événement extraordinaire qui venait de se réaliser. Il se remémora le poème qu’il avait écrit à l’âge de douze ans :

Je m’ennuie, oh, comme je m’ennuie de ce lointain Sud-ouest,

Où les ombres sont plus sombres de l’autre côté des sommets.

Le coyote se dissimule dans l’atmosphère brumeuse ;

Le loup hurle au pays des bovins à cornes majestueuses

Et tout au haut du canyon, un lion lance des cris amers

Dans les montagnes Catalina, en Arizona, près de la frontière.

Plus de quarante ans s’étaient écoulés depuis cette composition, et voici qu’il se trouvait dans un canyon de l’Arizona, près de la frontière du Nouveau-Mexique, écoutant les lamentations d’un lion de montagnes. Il ne considérait pas cela comme une coïncidence, ni même comme un rêve devenu réalité. Il s’agissait plutôt d’une confirmation supplémentaire au fait que ses pas étaient guidés de l’Éternel depuis son jeune âge. Avant la tombée du jour, Bill abattit le couguar. (Il apprit plus tard que c’était le plus gros de son espèce, jamais tué en Arizona.) Comme il comptait le faire empailler, il le dépeça avec grand soin. Quel beau trophée ce couguar ferait sur le mur de sa nouvelle salle de séjour!

Récemment, Bill et Meda avaient acheté une maison à la limite septentrionale de Tucson, près des montagnes de Santa Catalina. C’était une demeure modeste à toit plat, comptant trois chambres à coucher et dotée d’un acre de terrain rempli de cactus. Du flanc de la montagne où elle était située, la vue sur les montagnes plus au nord était splendide. La famille demeurait encore au duplex de l’avenue Park afin de compléter les rénovations de leur nouvelle acquisition. Banks Wood était venu à Tucson pour prêter main-forte à Roy Borders pour construire une pièce additionnelle, du côté occidental de la maison. Il s’agissait d’une pièce suffisamment grande pour contenir tous les trophées de chasse de Bill, tout en lui servant de salle de séjour ou de bureau d’étude. Séparée de la maison, elle y était rattachée par un couloir extérieur. Les plans prévoyaient de grandes fenêtres panoramiques donnant sur les montagnes qui se déployaient au nord. Le couguar qu’il venait de tuer s’harmoniserait parfaitement au décor rustique qu’il comptait donner à cette nouvelle salle de séjour.

DEMOS SHAKARIAN, le président de la Fraternité internationale des Hommes d’affaires du plein Évangile, avait planifié une convention à Phoenix, en Arizona, pour la troisième semaine du mois de janvier 1965. Demos avait demandé à Carl Williams, qui habitait à Phoenix, d’organiser ce congrès et de voir à tous les détails inhérents. Carl Williams était le secrétaire/trésorier de l’Organisation internationale et le président du chapitre local de Phoenix. Carl voulait que William Branham prêche pendant cette convention de 1965, comme il l’avait souvent fait au cours des dernières années. Mais Carl savait bien que cela ne faisait pas l’unanimité. Certains administrateurs considéraient que les prédications de William Branham offensaient trop de gens. À la réunion des administrateurs, l’un d’entre eux proposa une résolution selon laquelle on ne pouvait plus inviter le même orateur deux années de suite. Lorsque la motion fut appuyée, Carl Williams leur dit : «Je sais ce que vous tramez. Vous ne voulez plus que William Branham parle aux conventions de Phoenix. Mais comprenez bien ceci : si vous sortez Frère Branham de la convention de Phoenix, je sors aussi. «Comme ses talents de gestionnaire avaient permis de sortir l’organisation de l’endettement, l’influence de Carl lui donnait la possibilité d’imposer ses idées — du moins pour cette fois-ci encore. La proposition fut rejetée.

Carl Williams avait une bonne raison pour être si fidèle au ministère de Bill. Au cours des années 1940, Carl souffrait d’arthrite aux genoux. Sa condition s’était graduellement détériorée au point qu’il ne pouvait plus se déplacer sans béquilles. Vers la fin de cette décennie, Carl avait assisté à la première campagne de guérison de Bill, à Phoenix. En ce soir mémorable, le sermon de Bill avait inspiré Carl à accepter que Jésus-Christ puisse le guérir de son arthrite. Boitillant jusqu’à l’avant, il s’était mis en ligne avec les autres. Lorsque Bill avait prié pour lui dans le nom de Jésus, il avait jeté ses béquilles en l’air et s’était promené à travers tout le sanctuaire, enfin libre des douleurs qui l’avaient tant fait souffrir pendant toutes ces années. Depuis ce temps, il avait marché normalement, ne ressentant que des petites douleurs ou des élancements occasionnels ; malaises auxquels l’on pouvait s’attendre, rendu à un certain âge.

Après la réunion des administrateurs, Carl Williams téléphona à Bill pour l’inviter à la convention de Phoenix qui se déroulait du 17 au 23 janvier. Carl passa sous silence le fait que certains administrateurs avaient tenté de l’évincer.

«Oui «répondit Bill à sa demande. «Je me ferai un plaisir de parler à votre convention. Quels jours avez-vous pour moi?»

«J’ai prévu que vous parleriez lors des réunions du soir de lundi, mardi et mercredi, puis pour la réunion du samedi matin et encore une fois le dimanche soir.»

Avant de raccrocher le combiné, Bill ajouta : «Carl, j’apprécie vraiment la façon dont tu prends position pour moi.»

Meda Branham avait récemment donné une nouvelle Bible à son mari. Cela faisait des années que Bill utilisait la même Bible Scofield (version du roi Jacques) où les paroles de Jésus étaient imprimées en rouge. Bill n’était pas toujours en accord avec les notes du Dr Scofield, mais il trouvait que certaines d’entre elles étaient utiles. Il l’aimait surtout parce que c’était la Bible qu’il avait commencé à utiliser au début de son ministère d’évangéliste, en 1946, et qu’il en était venu à la considérer comme une bonne vieille amie. Il savait comment y retrouver facilement ses versets préférés, tant par leur emplacement physique sur les pages qu’en jetant un œil aux notes et références. Cette Bible l’avait accompagné à travers tout le continent américain, elle était descendue jusqu’au Mexique, elle avait traversé l’Atlantique pour se rendre en Angleterre et en Scandinavie, elle avait parcouru l’Europe tout entière et elle était descendue jusqu’en Afrique ; elle l’avait même accompagné jusqu’en Inde. Il était devenu aussi à l’aise avec cette Bible qu’on le serait devenu avec une bonne vieille paire de gants — hormis le fait qu’elle était tellement usée qu’on aurait peut-être dû la mettre à la poubelle depuis longtemps déjà. Elle était tout simplement tombée en décrépitude. Meda lui avait souvent suggéré de s’en acheter une autre, mais il était réticent à se départir d’une si bonne amie. Dans un élan d’inspiration, Meda lui avait acheté une nouvelle Bible Scofield en cadeau de Noël — une Bible identique à son ancienne.

Bill apporta ses deux Bibles Scofield à la convention des Hommes d’affaires du plein Évangile de Phoenix, mais il continua à utiliser sa vieille Bible pour prêcher aux réunions de la semaine ainsi que celle du dimanche matin. Le samedi soir, il consulta sa vieille Bible pour trouver le texte de son sermon du lendemain et il inscrivit les numéros de référence suivants dans ses notes : Jean 16:20 et 21 qui commencent par : «En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira…»

Le dimanche matin, la convention des Hommes d’affaires du plein Évangile se tenait dans la grande salle des banquets de l’auberge Ramada. En quittant sa chambre d’hôtel, Bill se décida enfin à prendre sa nouvelle Bible. Laissant la vieille Bible derrière, il ramassa la nouvelle, ses notes pour le sermon, et descendit se joindre aux participants de la convention. Après plusieurs chants, Carl Williams remit le service à son vieil ami.

Bill se tint debout à la tribune pour s’adresser aux hommes et aux femmes réunis dans la salle de banquet. Il leur demanda ensuite de tourner dans leurs Bibles à l’évangile de Jean chapitre 16, pour suivre pendant qu’il lisait les versets 20 et 21. Bill feuilleta les pages du livre de Jean à la recherche du début du chapitre 16 qui devait se trouver dans le coin inférieur droit de la page de droite. Il trouva le verset 20 et commença à lire : «Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole ; afin que… «Réalisant que ce n’était pas le verset qu’il voulait lire, il s’excusa auprès de son auditoire pendant qu’il tournait et retournait la page pour se ressaisir. Voilà, c’était bien le début du chapitre 16 de l’évangile de Jean dans le coin inférieur droit de la page de droite. Mais quand il tournait soigneusement la page, le texte qui apparaissait sur la nouvelle page de gauche ne concordait pas avec ce qu’il aurait dû y trouver. Il feuilleta nerveusement la page la tournant et la retournant, et s’excusa de nouveau : «Mon épouse m’a donné cette Bible, mais cette page-ci est mal imprimée.»

L’évêque Stanley, un prêtre catholique, était assis près du podium, revêtu de sa robe rouge sacerdotale et des habits d’apparat assortis. Il était l’archevêque de l’Église catholique chaldéenne des États-Unis. L’archevêque Stanley se leva, s’approcha du podium et lui tendit sa Bible en disant : «C’est l’œuvre de Dieu. Il doit y avoir une raison derrière cela. Dieu vous en dévoilera la raison. C’est merveilleux.»

Remerciant l’évêque Stanley, Bill prit la Bible, trouva le verset désiré et lut à voix haute : «En

vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira : vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse sera changée en joie. La femme, lorsqu’elle enfante, éprouve de la tristesse, parce que son heure est venue ; mais, lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus de la souffrance, à cause de la joie qu’elle a de ce qu’un homme est né dans le monde. «Refermant la Bible prêtée, il la rendit au prêtre.

Dans son sermon intitulé «Les Douleurs de l’Enfantement», Bill comparait notre monde à une femme en travail. La femme éprouve des contractions violentes qui vont en croissant au fur et à mesure que l’accouchement progresse. De la même façon, notre monde a éprouvé de violentes contractions pendant son vingtième siècle — principalement à cause de la Première Guerre mondiale suivie de la Deuxième Guerre mondiale. Maintenant que nous avons des bombes atomiques, l’humanité ne pourra pas survivre à une troisième guerre de cette envergure — du moins pas une civilisation comme nous la connaissons aujourd’hui. Néanmoins, un tel jour s’approche. Le livre de l’Apocalypse l’appelle la grande tribulation, ou la vendange dans la grande cuve de la colère de Dieu, dans laquelle se trouvent les sept coupes de la colère de Dieu que sept anges verseront sur la terre.1 C’est le moment où Dieu infligera sa vengeance sur tous ceux qui auront rejeté ou qui auront perverti Sa Parole. Par contre, de ces contractions finales, une nouvelle terre naîtra — une terre purifiée, digne de recevoir Jésus-Christ (le Fils promis) où Il pourra vivre et régner avec Son épouse (les chrétiens nés de nouveau de chaque âge de l’église).

Bien que la convention des Hommes d’affaires du plein Évangile devait se poursuivre encore plusieurs jours, Bill partit pour Tucson tout de suite après sa prédication du dimanche soir, afin de ramener les enfants à temps pour l’école du lendemain. En route, ils s’arrêtèrent à un restaurant pour souper. Bill songeait encore à l’erreur d’imprimerie de sa nouvelle Bible. Meda était mal à l’aise en pensant qu’elle lui avait donné une Bible défectueuse. Elle lui dit qu’elle ne s’était jamais sentie aussi nerveuse que pendant ces quelques minutes où il avait cherché le passage en question. Au restaurant, Bill ouvrit sa nouvelle Bible pour vérifier plus en détail. À sa grande surprise, il constata qu’il ne s’agissait cependant pas d’un défaut d’imprimerie — l’affaire était que deux pages ultraminces étaient restées collées si parfaitement ensemble qu’elles donnaient l’impression qu’il n’y avait qu’une seule page. Bill se souvint de ce que l’évêque avait dit : «C’est l’œuvre de Dieu. Il y a une raison derrière cela. Dieu vous en révélera la raison. C’est merveilleux. «Soudainement, il se rappela une histoire de l’évangile selon Luc et, tel un coup de foudre, le pourquoi de la chose frappa son esprit.

Le lundi, Bill retourna à la convention de Phoenix, pour entendre le Dr Reed qui prêchait à la convention des Hommes d’Affaires du Plein Évangile. En causant avec Carl Williams avant la réunion, Bill lui partagea ce que le Seigneur lui avait révélé au restaurant, le soir précédent. Impressionné, Carl demanda à Bill d’en faire part à tout le groupe avant la réunion du soir. Bill pourrait prendre les 10 minutes précédant le sermon du soir du Dr Reed.

Le lundi soir, Bill se tint donc encore une fois debout devant les hommes d’affaires chrétiens de ce groupe interdénominationnel, et leurs épouses. Après leur avoir rappelé le petit incident cocasse de la veille, il les dirigea vers Luc 4:16-30. Lorsque Jésus était venu visiter Nazareth, la ville où Il avait été élevé, Il s’était rendu à la synagogue le jour du sabbat et un rabbin Lui avait donné le livre d’Ésaïe. Jésus avait déroulé le rouleau jusqu’au chapitre 61 et avait lu la première phrase : «L’esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur. «Ensuite Jésus avait enroulé le rouleau, Il l’avait remis au ministre et Il avait dit, à ceux qui étaient assis dans la pièce : «Aujourd’hui, cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, est accomplie.»

Bill fit remarquer que Jésus n’avait lu qu’une portion de cette Écriture. «Dans nos Bibles modernes, la première phrase d’Ésaïe 61 se retrouve dans les versets 1, 2 et 3. Jésus avait lu le verset 1 au complet, mais seulement une partie du deuxième verset. Pourquoi n’avait-il pas lu tous les versets de la première phrase? Il s’était arrêté parce que le reste de la phrase ne s’appliquait pas à ce moment-là de l’histoire ; elle ne s’appliquerait qu’au temps de la fin. Mais aujourd’hui, nous sommes rendus au temps où elle s’applique. Un jour, Jésus devra proclamer : “… et un jour de vengeance de notre Dieu,” tel que prophétisé par Ésaïe 61:2.

«N’est-ce pas exactement ce qui s’est passé hier? «demanda Bill à son auditoire.

Il cita de nouveau Luc 17:30 et mis encore une fois l’emphase sur le fait qu’il croyait qu’il vivait à l’époque dont Jésus prophétisait la venue — le jour de la révélation du Fils de l’Homme. — Si c’est bien vrai, alors dimanche soir dernier, le 24 janvier 1965, à Phoenix, en Arizona, «le Fils de l’Homme «a utilisé «un fils de l’Homme «pour proclamer le jour de la vengeance de notre Dieu.

Cela n’avait pris que le fait que deux pages de sa propre Bible soient collées ensemble pour qu’il emprunte la Bible d’un prêtre et qu’il saisisse la corrélation entre Ésaïe 61:2 et Luc 4:17. Sans équivoque, il déclara à ses auditeurs : «Aujourd’hui, cette Écriture est accomplie dans vos oreilles.»

APRÈS LA CONVENTION DE PHOENIX, Bill disposait de deux semaines de repos à la maison avant d’aller prêcher à Flagstaff, en Arizona, le 6 février 1965. Plusieurs choses le préoccupaient à ce moment-là. Il y avait la construction de sa nouvelle salle de séjour, bien sûr, mais ce n’était pas sa plus grande préoccupation. Il est vrai que pendant le stade de la conception et de la planification, il avait dû prendre plusieurs décisions, mais à ce stade-ci, il n’avait à répondre occasionnellement à une question ou deux. C’étaient Banks Wood et Roy Borders qui s’occupaient de tout pendant cette phase-ci de son projet de construction.

 

 

Finger Rock (pic en forme de doigt) situé à la limite septentrionale de Tucson, en Arizona, est un pic rocheux qui ressemble à un index pointant directement vers le haut.

Et c’était vrai que depuis un moment, Bill consacrait beaucoup de temps à la publication prochaine de son livre sur les sept âges de l’église. En effet, après avoir transmis ses manuscrits à Lee Vayle à Tampa, en Floride, il avait dû demeurer en communication constante avec Lee, ou bien par téléphone ou bien par correspondance auditive, en enregistrant des réponses spécifiques ou des conseils généraux sur bande magnétique. Mais grosso modo, Lee faisait cavalier seul en exécutant ses propres recherches et en structurant les dix sermons pour les adapter à la publication d’un livre. Pendant les huit derniers mois de 1964, Pearry Green avait envoyé 48 $ [35 euros] par semaine à Lee pour l’aider financièrement pendant la rédaction du livre. Lee réussissait généralement à compléter un chapitre par mois, et l’expédiait à Bill. Maintenant que nous étions en janvier 1965, le livre était presque achevé. Bien que Bill consacrait des heures à la relecture, ajoutant quelques détails par ci, corrigeant par là, il avait pleinement confiance à Lee en matière de grammaire. Il se préoccupait surtout de voir à ce que la matière spirituelle soit correctement rendue, et d’en conserver la clarté et la précision.

Mais il y avait une chose qui le préoccupait davantage en cette dernière semaine de janvier 1965. Depuis plusieurs années maintenant, hommes et femmes le questionnaient au sujet du mariage et du divorce. Parfois, un chrétien lui demandait s’il pouvait divorcer de sa femme incroyante, pour en épouser une autre. Et parfois, c’était une chrétienne qui lui demandait si elle pouvait divorcer son mari incroyant pour en épouser un autre. Les circonstances atténuantes personnelles étaient certainement très variées d’un cas à l’autre, mais lorsqu’il laissait tomber tous ces détails particuliers, Bill pouvait aisément en dégager le dénominateur commun. Plusieurs chrétiens étaient embrouillés au sujet du divorce, et dans leur confusion ils commettaient parfois des erreurs.

En juin 1963, lorsque Bill revenait d’être allé prêcher à Hot Springs, en Arkansas, Dieu lui avait révélé la vérité au sujet du mariage et du divorce. Le Saint-Esprit lui avait dit de prêcher sur ce sujet et d’enregistrer ses sermons sur bandes magnétiques, mais il en avait toujours repoussé l’échéancier, craignant que la vérité n’offense les nombreux bons amis qui avaient commis des erreurs à ce sujet dans leurs vies personnelles. Il ne pouvait pourtant pas désobéir à la conduite du Saint-Esprit. Pris dans un dilemme, il se sentait pourtant poussé à agir. Un jour, pendant qu’il se rendait à sa nouvelle demeure pour inspecter les travaux de sa salle de séjour, il regardait les montagnes environnantes qui s’étiraient au nord, lorsque ses yeux se fixèrent sur le mont Finger. Soudainement, Bill entendit une voix lui murmurer à l’oreille : «Monte au sommet de cette montagne, Je veux te parler, là.»

Docilement, il roula plus au nord jusqu’à ce qu’il arrive à l’aire de stationnement du sentier menant au canyon de Pima. Il marcha environ un demi-mille [800 m] avant d’arriver à l’embouchure du canyon, où une fourche dans le sentier permettait de continuer à escalader le canyon Pima ou de prendre la direction pour Finger Rock. Le sentier était escarpé et il se mit à transpirer abondamment. Les fines particules de mica, gisant dans les nombreuses roches qui jonchaient le sentier, brillaient sous le soleil ardent. Les petits geckos verts se faufilaient à vive allure de roche en roche, cherchant un peu d’ombre. Des papillons jaunes voltigeaient çà et là. Des arbres Palo Verde et diverses espèces de cactus s’agrippaient à la pente escarpée, mais au fur et à mesure qu’il escaladait la pente, les pins de pignons au feuillage vert foncé monopolisaient le peu de sol disponible. Il s’arrêta au haut de la pente, à la base de la paroi escarpée qui grimpait jusqu’au Finger Rock. La cime de Finger Rock surgissait à plusieurs centaines de pieds [mètres] au-dessus de lui. Bien que Finger Rock n’était pas le sommet le plus élevé de cette chaîne de montagnes, sa forme particulière en faisait un pic à la fois unique et très remarquable. Il ressemblait à un poing humain dont l’index pointait directement au ciel. Bill s’assit un moment sur un gros rocher et contempla la vallée qui s’étendait autour de Tucson. À l’est, s’élevait le massif Ricon, tandis qu’au sud, les montagnes turquoises de Santa Rita se voilaient d’une brume de chaleur à l’horizon. Bill localisa sa nouvelle maison qui se trouvait à quelques milles [kilomètres] à peine de là. Puis son objectif premier lui revint à la mémoire et il se mit en prière.

Bill croyait que l’alliance du mariage était plus sérieuse que ce que les gens en pensaient. Il le voyait comme un type de Jésus-Christ et de Son épouse. L’Ancien Testament préfigurait ce lien à plusieurs endroits. Le roi Salomon avait plusieurs femmes — un roi, bien que plusieurs reines, typifiant Jésus-Christ et Son Église. Bill ne croyait pas à la polygamie parmi les chrétiens. Bien que l’Ancien Testament semble la tolérer, Jésus mit les pendules à l’heure lorsqu’Il avait dit : «… au début, il n’en était pas ainsi. «Le modèle donné en Éden était l’archétype à suivre pour chaque mariage chrétien — un homme marié à une femme jusqu’à ce que l’un d’eux meure.2 S’ils divorçaient, ils ne commettaient pas un péché. Cependant, si une femme divorcée se remariait, Jésus disait qu’elle vivait dans l’adultère, puisqu’elle aurait deux maris vivants, même si elle ne vivait qu’avec un seul.

Ceux aux prises avec des problèmes de couple, interrogeaient souvent Bill au sujet du divorce. Certaines de leurs questions étaient plus faciles à répondre que d’autres. Les questions les plus épineuses provenaient des gens qui s’étaient divorcés et remariés avant de devenir chrétiens. Bill savait que certains d’entre eux suivaient étroitement ses enseignements. S’il prêchait la vérité à propos du mariage et du divorce, certains d’entre eux décideraient-ils de dissoudre les liens de leur deuxième mariage afin d’être en ordre avec Dieu? Deviendrait-il alors responsable de briser le noyau familial? Ce fardeau pesait lourdement sur son cœur pendant qu’il se reposait au pied de Finger Rock.

Soudain, il entendit un bruit comme celui d’un tourbillon qui s’approchait. Levant les yeux, il inspira brusquement à la vue d’une nuée jaune rougeâtre qui tombait du ciel. Avant qu’il n’ait le temps de relâcher son souffle, elle avait complètement enveloppé le doigt de roc qui le surplombait. Trois fois, Bill vit cette flamme surnaturelle s’élever dans les airs puis redescendre sur Finger Rock. Lorsqu’elle disparut dans le ciel, l’ange du Seigneur lui parla, lui donnant une réponse à sa question concernant le mariage et le divorce.

Une fois en voiture, après être descendu de Finger Rock, Bill constata qu’il ne lui restait presque plus d’essence. Il s’arrêta donc à la station de service qui appartenait à son ami Welch Evans. Le jeune employé lui dit : «Frère Branham, vous deviez être là-haut sur la montagne, il y a une heure, n’est-ce pas?»

«Que veux-tu dire Ronnie? As-tu vu quelque chose?»

«Je peux vous montrer exactement où vous étiez. «Ronnie pointa vers les pics montagneux au nord de la ville. Vous étiez près de Finger Rock. J’ai appelé ma mère et ensemble, nous avons regardé une vive lumière rougeâtre monter et descendre au-dessus de ce roc. J’ai dit à Maman : «Frère Branham est sûrement là-haut quelque part, et Dieu est en train de lui parler.»

Lorsque les enfants rentrèrent de l’école, il entendit le même rapport. Certains professeurs avaient laissé les écoliers sortir pour observer un nuage de feu de couleur ambre planer au-dessus de Finger Rock. Ils l’avaient vu monter et descendre trois fois avant de finalement disparaître.

En téléphonant à Orman Neville à Jeffersonville, Bill fit mettre des réunions spéciales à l’horaire. Elles s’échelonneraient du mercredi soir, le 17 février au dimanche, le 21 février 1965. À son retour en Indiana, il prêcha, dans l’ordre suivant : «Un homme qui fuit la face de l’Éternel», «La semence n’hérite pas avec la balle», «Aujourd’hui cette Écriture est accomplie devant vos yeux «(une version allongée du témoignage qu’il avait donné à Phoenix), «Le lieu d’adoration que Dieu a choisi», «Le mariage et le divorce «et «Qui est ce Melchisédech?».

Le dimanche matin, il prêcha «Le mariage et le divorce. «Bill savait qu’il ne pouvait prêcher sur ce sujet qu’au Branham Tabernacle, où il jouissait d’une entière liberté d’expression. Encore là, il avait des réticences à parler franchement et ouvertement à cause des femmes et des enfants qui faisaient partie de son auditoire ; il choisit donc ses mots avec soin. Pendant son sermon, il leur fit remarquer que les chrétiens étaient partagés concernant la question du divorce. Certains croyaient qu’un homme ne pouvait se marier qu’une seule fois, à moins que son épouse ne meure, alors là il était libre de se remarier. D’autres croyaient qu’un homme ou une femme pouvait divorcer et se remarier, si l’autre époux avait commis un adultère. Bill leur dit que ces deux écoles de pensée contenaient certains éléments de vérité, mais qu’en adoptant soit l’une, soit l’autre, il était dangereux de se hasarder un peu trop loin et de se perdre. Comme d’habitude, le légalisme et le calvinisme manquaient la cible.3 La vérité se situait au centre. Il utilisa son propre mariage à titre d’exemple. La loi de Dieu l’instruit à demeurer fidèle à son épouse, mais il ne lui demeure pas fidèle parce que Dieu l’y oblige. Il aime tant son épouse qu’il ne lui voudrait aucun mal, alors il lui reste fidèle.

Il lut ensuite Matthieu 19:1-9 où les pharisiens questionnaient Jésus concernant le divorce. Jésus leur avait répondu qu’au début, Dieu avait eu l’intention qu’un homme ait qu’une seule épouse. Les pharisiens avaient alors demandé à Jésus pourquoi Moïse avait introduit la lettre de divorce. Jésus avait répondu que c’était à cause de la dureté du cœur de l’homme, mais qu’au commencement, il n’en était pas ainsi. Jésus leur dit que tout homme qui divorçait sa femme, pour tout autre raison que celle de la fornication, l’exposait à l’adultère (Pourquoi? Parce qu’en se remariant, elle aurait deux maris, même si elle ne vivait qu’avec l’un d’eux.) Conséquemment, l’homme qui marie une divorcée commet également un adultère.

Bill élabora longuement au sujet d’Adam et Ève dans le Jardin d’Éden. Comme Ève n’était pas dans la création originelle, elle était prédisposée à croire au mensonge du diable, qui passa par l’entremise du serpent pour le lui dire. En effet, le serpent n’était pas un reptile à l’origine, mais bien un mammifère intelligent, le soi-disant chaînon manquant entre les singes et les humains. En désobéissant au commandement de Dieu et en cédant aux avances du serpent, Ève commit l’adultère et introduisit la mort dans le monde. Mais, nous ne pouvons pas critiquer Adam et Ève, car chaque homme et chaque femme jouit du même privilège : choisir d’être un joyau dans la couronne de Dieu ou choisir d’être une épine à son pied.

Pour finir, Bill apporta sa conclusion — ce que Dieu lui avait dit au sommet de Finger Rock. Il dit : «Je m’adresse à mon groupe exclusivement ; ce message est pour eux seulement. Petits enfants, je suis ici pour vous aider. Je suis votre ami. Vous pensez que je suis contre vous, mais je vous aime. Je ne sais pas comment le dire. C’est quelque chose de vraiment fort. Que ferais-je lorsqu’il y aura de bonnes personnes qui fréquenteront mon assemblée et qui se seront mariées deux ou trois fois? Ils se sont trompés parce qu’ils ont été mal enseignés. Ils ne se sont pas attendus au Seigneur. Jésus a dit : “Que personne ne sépare ce que Dieu a uni.” Pas ce qu’un magistrat à moitié saoul, ou qu’un prêtre rétrograde aurait uni ; je parle de ce que Dieu a uni. Lorsque vous avez une révélation personnelle directement de Dieu à savoir qui doit être votre épouse (ou qui doit être votre mari), cette personne-là sera vôtre le reste de votre vie. Mais n’importe qui peut séparer ce que l’homme a uni.»

Bill répéta : «Je vous prends comme témoins devant Dieu : ceci s’adresse à mon groupe seulement. Il y en a parmi vous qui se sont mariés une seconde fois à cause d’une théologie mal interprétée. Si Dieu a donné une permission spéciale concernant le mariage et le divorce à Moïse et à Paul, Dieu ne devrait-Il pas m’en donner une aussi?4 Je dis ceci par l’autorité qui m’a été conférée par Sa nuée sur la montagne et par Son message qui m’a amené jusqu’ici. Vous, les hommes qui avez commis cette erreur, continuez à vivre en paix avec votre épouse actuelle, mais prenez garde de ne plus jamais recommencer. Il n’en était pas ainsi au commencement (c’est-à-dire qu’un homme ait plus d’une épouse vivante) et il n’en sera pas ainsi à la fin non plus. Mais dans la condition moderne actuelle, si vous êtes heureux avec elle, alors vivez avec elle et élevez vos enfants dans la crainte du Seigneur ; mais que Dieu ait miséricorde si vous vous avisez de recommencer! Enseignez vos enfants à ne jamais faire une chose semblable. Dieu est mon témoin : Il m’a dit que je pouvais vous dire ceci — “laisse-les continuer à vivre comme ça et qu’ils ne pêchent plus.” C’est une révélation surnaturelle parce que les sept sceaux sont ouverts et que cette question ne doit pas rester en suspens.»5

Dans le sermon «Qui est ce Melchisédech?», Bill s’attaqua à une question séculaire. Genèse 14 fait état de la façon dont le roi Élam (de la Perse) avait saccagé la ville de Sodome. Lot ainsi que sa femme et ses enfants avaient été faits prisonniers, puis amenés dans le Nord. Abraham avait rassemblé un bataillon de 318 hommes qui avaient pourchassé le roi Élam et l’avaient vaincu en lui livrant bataille. C’est ainsi qu’Abraham avait délivré Lot de l’esclavage. Après la bataille, un sacrificateur du nom de Melchisédech était venu à la rencontre d’Abraham, l’avait béni et avait mangé du pain et but du vin avec lui.6 En retour, Abraham lui avait donné un dixième de tous ses biens. Cette histoire serait bien assez mystérieuse si elle n’avait été détaillée que dans le livre de la Genèse, mais dans Hébreux 7, Paul écrit que ce Melchisédech était le Roi de paix et de justice, qu’Il n’avait ni père ni mère, ni commencement ni fin de jours.

Qui est donc cette mystérieuse personne? Bill expliqua que ce ne pouvait être nul autre que Dieu Lui-même, parce que seul Dieu n’a ni commencement ni fin. Melchisédech était la théophanie de Dieu, apparaissant à Abraham afin de préfigurer Jésus-Christ. Ce n’était pas Jésus comme tel, parce que Jésus avait un père et une mère, et celui-ci n’avait ni l’un ni l’autre. Jésus a eu un commencement; celui-ci n’en avait pas. Jésus avait donné Sa vie, cet homme-ci ne le pouvait pas, parce qu’Il était la vie même. Cependant, ils étaient étroitement reliés.

Pour expliquer ce lien, Bill retourna au commencement de l’univers lorsque Dieu vivait seul avec Ses pensées. «Dieu est Esprit. Après avoir conçu le plan de l’univers dans Sa pensée, le Dieu Esprit parla. Ses paroles devinrent le “Logos”, ou “la Parole de Dieu”. Une parole est une pensée exprimée ouvertement. Le Dieu Esprit n’a aucune forme reconnaissable. Au commencement, Ses pensées n’avaient aucune forme visible, mais aussitôt qu’Il prononça une Parole, pour exprimer Ses pensées, Il devint reconnaissable, bien qu’il n’existait encore rien pour Le reconnaître. Le Logos qui était sorti de Dieu était Sa théophanie ou “Son Corps Parole.” Non pas un corps physique, mais plutôt un corps spirituel. Mais maintenant que Ses pensées étaient exprimées, Sa théophanie pouvait devenir un corps physique. C’est ce qui arriva au jour d’Abraham. «Bill expliqua que ce Melchisédech était le «Dieu la Parole «apparaissant dans une forme charnelle pour Abraham, deux mille ans avant d’apparaître comme «Dieu incarné «dans le corps physique de Jésus-Christ. Ainsi, Abraham avait vu la théophanie de Christ dans une forme pré incarnée. Plus tard, lorsque Dieu s’était incarné et avait marché parmi les hommes, Jésus avait dit aux Juifs : «Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour : il l’a vu, et il s’est réjoui. Les Juifs lui dirent : Tu n’as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham! Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fut, je suis.»7

Le livre des Hébreux explique comment le sacerdoce lévitique (que Dieu institua au temps de Moïse) avait pris fin lorsque Jésus fut sacrifié pour les péchés du monde. Depuis ce jour, Dieu traite avec Son peuple par l’entremise du sacerdoce de Melchisédek — le Seigneur Jésus-Christ est devenu le grand sacrificateur par excellence.8

Tout ceci semblait bien abstrait et excessivement technique, jusqu’à ce que Bill explique que chaque chrétien né de nouveau avait, lui aussi, une théophanie. Il faut qu’ils en aient une, parce qu’ils étaient dans les pensées de Dieu dès le commencement. Ce qui, par définition, fait d’eux des attributs de Dieu. Lorsque Jésus-Christ naquit sur la terre, Il avait Sa théophanie avec Lui. C’est la raison pour laquelle Il était un homme parfait, parce qu’Il ne s’éloignait jamais de la Parole de Son Père. Il ne le pouvait pas puisque Lui et la Parole étaient une seule et même Personne. Le reste des enfants de Dieu viennent au monde sans leurs théophanies afin de pouvoir être testés par des épreuves et vaincre le doute (c’est-à-dire le péché) en plaçant leur foi en Jésus-Christ. Lorsqu’un homme ou une femme reconnaît finalement que la Parole de Dieu est la nourriture authentique de son âme assoiffée, il vient tout juste d’entendre à partir de sa théophanie. À présent, il sait qu’il a un corps Parole qui l’attend au-delà de cette vie-ci. C’est la signification de 2 Corinthiens 5:1, qui dit : «Nous savons, en effet, que si cette tente où nous habitons sur la terre est détruite, nous avons dans le ciel un édifice qui est l’ouvrage de Dieu, une demeure éternelle qui n’a pas été faite de main d’homme. «Pendant le millénium, et pour toute l’éternité qui s’ensuivra, les enfants de Dieu vivront dans leurs corps physiques et leurs théophanies reliés ensemble. Les gens vivront alors dans ce que Bill appela un «corps glorieux.»

DEMOS SHAKARIAN croyait que Dieu pouvait utiliser des gens pour accomplir des miracles et qu’Il parlait par prophéties. Son grand-père avait quitté l’Arménie (la Turquie) en 1855, lorsqu’un jeune chrétien avait prophétisé la venue d’une tragédie catastrophique. La famille avait donc évité le génocide arménien de 1915, lorsque l’empire Ottoman avait systématiquement assassiné 1,5 millions d’Arméniens. La famille Shakarian s’était établie en Californie et avait lancé une entreprise laitière qui avait connue beaucoup d’essor. Ils étaient également devenus pentecôtistes à la suite du réveil d’Azuza, en 1906.

Demos Shakarian s’était impliqué dans les campagnes Branham dans les années 1940, lorsque Bill était allé en Californie pour la première fois. Au fil des années, Demos avait aidé à parrainer plusieurs campagnes de guérison par la foi de Bill et il avait vu Dieu accomplir des centaines de miracles pendant ces réunions. Demos avait même parfois œuvré comme placier pendant ces réunions, récoltant les cartes de prières des gens qui quittait la ligne de prière du parterre pour monter sur l’estrade, où Bill discernait leurs troubles et priait pour eux. Demos vérifiait toujours ce que ces gens avaient inscrit sur leur carte de prière pour voir si cela correspondait au diagnostic de Bill lorsqu’il discernait surnaturellement à travers son don. Demos n’avait jamais trouvé d’erreur pendant ces discernements, pas même dans le moindre détail. Lorsque la mère de Demos était agonisante, il avait demandé à Bill de venir prier pour elle à l’hôpital. Lorsque Bill avait prié pour elle, Mme Shakarian s’était levée de son lit de mort et avait vécu encore de nombreuses années, en bonne santé.

En 1963, Florence, la sœur de Demos, fut diagnostiquée avec un cancer. Bien qu’elle n’avait que 39 ans, le cancer avait atteint un stade si avancé que les médecins ne pouvait plus rien faire. Naturellement, Demos voulait que Bill prie pour elle, afin que Dieu puisse accomplir un miracle dans la vie de sa sœur.

Lorsque Bill commença à prier, Dieu lui montra une vision où Florence courrait, essayant de se sauver de quelque chose qui voulait la tuer. Elle avait bondi dans un lit et criait à l’aide pour que Bill vienne la secourir. Dans la vision, il s’était élancé vers elle, mais elle était morte avant qu’il n’arrive à ses côtés. L’horloge qui était à côté du lit lui indiquait l’heure. Tristement, Bill avait annoncé à Demos que Florence ne vivrait pas pour voir le retour du Seigneur, mais bien qu’elle mourrait un bon matin entre 2 et 3 h.

Le jeudi soir 29 avril 1965, Bill parlait devant la Fraternité des Hommes d’affaires du plein Évangile, à l’hôtel Biltmore de Los Angeles, en Californie. Avant ce sermon, Florence Shakarian (maintenant âgée de 42 ans) avait chanté un magnifique solo qui avait touché le cœur de chaque invité. Le chant avait été d’autant plus poignant du fait que presque tous les membres de l’auditoire savaient qu’elle était atteinte de cancer. Soudainement, un homme pentecôtiste se mit à parler en langue, puis un autre, un pentecôtiste aussi, se mit à interpréter comme suit : «Ainsi dit le Seigneur, “Oh! Fille de Sion, ne crains point, ne t’inquiète point, car tu verras la venue du Seigneur”.»

Un murmure d’assentiment traversa la salle comme un effet de vagues. Mais Billy Paul Branham, se souvenant de ce que son père avait dit que Florence ne verrait pas la venue du Seigneur, fut troublé par cette prophétie.

Bien que la salle de banquet était bondée de monde, Bill portait attention à un auditoire beaucoup plus vaste. Les deux bobines d’enregistrement tournaient déjà, et il savait que son sermon «Le Choix d’une Épouse «se rendrait bien au-delà de ces quatre murs. Il tira son texte de Genèse 24, là où Abraham était à la recherche d’une épouse pour son fils, Isaac. Les jolies jeunes filles des tribus païennes de Canaan, parmi lesquelles il demeurait, ne l’impressionnaient pas du tout. Il espérait trouver une épouse convenable issue de sa patrie, du sein de sa parenté. Comme Abraham était trop avancé en âge pour faire la route, il avait désigné Éliézer, le serviteur le plus ancien de sa maison, pour accomplir cette tâche. Lorsque Éliézer arriva à la ville de Nachor, il pria : «Éternel, Dieu de mon seigneur Abraham…, que la jeune fille à laquelle je dirai : penche ta cruche, je te prie, pour que je boive, et qui répondra : bois, je donnerai aussi à boire à tes chameaux, soit celle que tu as destinée à ton serviteur Isaac! Et par là, je connaîtrai que tu uses de bonté envers mon seigneur. «Et cela se passa exactement comme il l’avait demandé en prière. Rebecca accepta l’invitation d’Éliézer. Et les chameaux que Rebecca avait abreuvés étaient spécifiquement ceux qui la transportèrent jusqu’à son futur époux, Isaac. Cette histoire d’amour est un type merveilleux de Christ et de Son Épouse. (Le même Saint-Esprit que les croyants abreuvent les portera jusqu’à leur Époux Céleste.)

De tous les choix que nous devons faire au courant d’une vie, rares sont ceux qui nous affectent aussi profondément que le choix de notre partenaire de mariage. Outre le salut de son âme, une bonne épouse est la plus belle chose que Dieu puisse donner à un homme ; inversement, une mauvaise épouse est, comme le disait Salomon, comme la carie dans ses os.9 Une bonne épouse est une femme qui sied bien à son mari, qui complète son caractère et l’aide à atteindre son objectif. Un homme devrait prier avant de choisir. Il ne doit pas baser son choix sur la beauté extérieure d’une femme ; il devrait rechercher la beauté intérieure d’un caractère chrétien. La beauté extérieure peut être séduisante. (Lucifer était tellement beau qu’il avait convaincu un tiers des anges à la suivre.) La beauté intérieure résiste à jamais. Si un homme rencontre une femme née de nouveau, et que tous les deux tombent amoureux et, qu’en priant à ce sujet, tous les deux sentent que c’est la volonté de Dieu, alors ils devraient se marier. Le caractère de la femme que l’homme choisit en mariage reflète son propre caractère et ses ambitions. Après tout, elle est celle qui l’aidera à bâtir une demeure future.

Ces principes naturels ont d’importantes applications spirituelles. Lorsqu’un homme choisit une église pour sa famille, il ne devrait pas regarder à la beauté des lieux, au chic de la belle chorale, ni au nombre d’activités sociales parrainées par cette église. Il devrait chercher une église qui prêche le plein Évangile, une église qui fait de la Bible son autorité suprême.

Tout comme l’homme n’a pas été fait pour la femme, mais bien la femme pour l’homme ; ainsi, Christ n’a pas été fait pour l’église, mais l’église pour Christ10. Qui Jésus-Christ choisira-t-il comme épouse en ces jours-ci? Il choisira des hommes et des femmes remplis du Saint-Esprit qui respectent Sa Parole.

Bill dit : «Jésus ne fit que ce qui plaisait au Père — c’est-à-dire qu’Il honorait et manifestait la Parole de Dieu. Son Épouse devra démontrer le même caractère. Elle ne pourra pas être choisie au sein d’une dénomination. Chaque dénomination a un conseil d’administration quelque part qui dicte à ses gens ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas faire — et bien souvent, c’est à des millions de milles [kilomètres] de l’authentique Parole. Dieu n’a jamais eu l’intention de diriger Son église par l’entremise de papes, de cardinaux, d’évêques, de prêtres ou de quelconques ministres épiscopaliens. Il a envoyé le Saint-Esprit pour diriger Son église. Jésus a dit : “Quand le consolateur, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.”11 L’église moderne déteste ce plan, alors comment pourrait-elle être l’épouse de Christ? Lorsque les chrétiens d’aujourd’hui choisissent de se joindre à une dénomination, cela révèle leur piètre compréhension de la Parole de Dieu. Mon intention n’est pas de vous froisser, mais je veux que cela pénètre assez profondément pour que vous vous décidiez d’y regarder de plus près.»

Bill leur fit part de sa vision concernant l’épouse de Christ et le défilé des églises modernes. Vers la fin de son sermon, il ressentait une étrange pulsion l’obligeant à parler très franchement, jusqu’à n’en plus savoir au juste ce qu’il disait. «Vous, les hommes, examinez ces credo que vous servez. Votre église est-elle exactement en ligne avec la Parole de Dieu? Vous, les femmes, regardez dans le miroir — non pas dans le miroir de votre église, mais dans le miroir de la Parole de Dieu — et voyez si vous vous qualifiez comme Épouse spirituelle de Jésus-Christ. Votre vie concorde-t-elle avec ce qui est stipulé sur le contrat de mariage de Dieu (la Bible)? Vous, les ministres, demandez-vous la même chose. Est-ce que vous diluez vos sermons pour ne pas froisser quelqu’un, afin de ne pas être mis à la porte de votre église? Vous, les membres de l’église, si votre église n’est pas à la hauteur de la Parole de Dieu, sortez de là, et entrez en Christ. Ceci est un avertissement solennel. Vous ne connaissez pas l’heure à laquelle cette ville sombrera au fond de l’océan.»

L’exhortation de Bill se transforma en prophétie. «Los Angeles, toi qui te targues d’être la cité des anges, qui t’es exaltée jusqu’au ciel et a envoyé ta mode vestimentaire scabreuse et tes films dégoûtants à travers le monde, peu importe tes belles églises, souviens-toi, un jour, tu reposeras au fond de cette mer. Le sol sur lequel tu te tiens est comme un rayon de miel. La colère ardente de Dieu gronde sous tes pieds. J’ignore combien de temps il reste encore avant que cette berge de sable ne s’effondre et que cet océan au loin ne monte pour se glisser à l’intérieur des terres jusqu’à la mer de Salton.12 Ce sera pire qu’au dernier jour de Pompéi13. Repens-toi, Los Angeles, repentez-vous, vous tous, et tournez-vous vers Dieu! L’heure de Son ardente colère est sur la terre. Courez! Sauvez-vous pendant qu’il est encore temps, et venez, entrez en Christ!»

Au milieu des pleurs et des gémissements de repentance de la foule, Bill fit la prière de fermeture. Puis il ajouta : «Mes frères et mes sœurs, je ne sais pas ce que je pourrais rajouter. Si vous croyez que je suis Son prophète — c’est la première fois que je dis ceci en public, mais je ressens un avertissement étrange en quelque sorte. Je ne suis pas enclin à ce genre de chose ; vous le savez très bien. Je ne me comporte pas habituellement de cette façon-ci. J’ai longtemps hésité à apporter ce message, mais maintenant que je l’ai prononcé, je devrai me tenir à la barre des témoins au jour du Jugement, pour certifier que je vous ai dit la vérité. C’est un “Ainsi dit le Seigneur Dieu.”»

«Oh Pentecôtistes, sauve qui peut! Courez aux cornes de l’autel et pleurez-y tout votre saoul avant qu’il ne soit trop tard ; car l’heure viendra où vous pleurerez et cela ne vous servira à rien. Souvenez-vous d’Ésaü, il avait sollicité avec larmes le droit d’aînesse perdu, et n’avait pas pu l’obtenir.14 Je vous livre oh!, membres des Hommes d’affaires du plein Évangile que j’aime de tout mon cœur, je vous confie à Christ ce soir. Sauvez-vous vers lui. Ne permettez jamais à Satan de vous refroidir face à Sa Parole. Restez-Y attachés fermement jusqu’à ce que vous soyez remplis du Saint-Esprit, au point où vous, hommes et femmes, vous mettrez vos vies en ordre et vivrez saintement. Si vous dites que vous avez le Saint-Esprit et que vous ne supportiez pas de vous en tenir à la Parole, c’est un autre esprit qui vous habite. L’Esprit de Dieu est dans Sa Parole. Son épouse doit être la Parole ointe.»

Après la réunion, Bill se sentait engourdi et quelque peu abasourdi ; le même état dans lequel il se retrouvait autrefois lorsque les visions sapaient toute son énergie pendant les lignes de prières. Mais il n’avait pas vu de visions ce soir. Quelque chose avait fait bouger sa langue. Billy Paul et Earl Williams (le fils de Carl Williams) prirent Bill par les bras et le guidèrent à l’extérieur du bâtiment. Bill marchait, la tête versée par en arrière et les yeux mi-clos. Il ne se traînait pas les pieds, mais il ne semblait pas totalement conscient de son entourage. En arrivant à la voiture, la tête de Bill roula vers l’avant et ses yeux se fixèrent sur son fils : «Paul, qu’ai-je dit à ces gens? Je ne suis pas venu ici pour être méchant avec eux.»

«Tout est correct, Papa», lui répondit Billy Paul. «Tu ne leur as rien dit de méchant.»

En route vers Tucson, Bill dit à son fils qu’il ne se souvenait pas de ce qu’il avait dit pendant la dernière partie de son sermon. Billy Paul lui dit qu’il avait prophétisé sur l’effondrement éventuel de Los Angeles dans l’océan.

Un long silence plana, puis Bill lui demanda si c’était pour ça qu’il avait l’air si déconfit. Billy Paul lui rappela l’incident de l’homme qui avait interprété le parler en langue au sujet de Florence Shakarian, et que la prophétie disait qu’elle vivrait pour voir la venue du Seigneur. Billy Paul eut un moment d’hésitation, puis il exprima son embarras : «Papa, tu as dit qu’elle ne verrait pas la venue du Seigneur mais qu’elle mourrait un de ces matins entre 2 et 3 h.»

«Mon fils, tout ce que je peux dire c’est que le Seigneur ne m’a pas montré quoi que ce soit de différent de ce que j’ai déjà prononcé.»15

Plus tard en soirée, Bill lut Matthieu 11:23, où Jésus prophétise : «Et toi Capernaüm, seras-tu élevée jusqu’au ciel? Non. Tu seras abaissée jusqu’au séjour des morts ; car, si les miracles qui ont été faits au milieu de toi avaient été faits dans Sodome, elle subsisterait encore aujourd’hui. «Consultant un dictionnaire biblique, il apprit que c’était un tremblement de terre qui avait fait sombrer Sodome au fond de la Mer Morte ; et que Capernaüm avait également été détruite par un séisme.

DEPUIS QUE WILLIAM BRANHAM avait visité l’Afrique du Sud, en 1951, il avait désiré y retourner pour prêcher aux autochtones. Il aimait comment ceux-ci acceptaient son message avec une foi simple qui produisait des résultats prodigieux, non seulement en ce qui a trait aux guérisons et aux miracles, mais aussi dans les vies changées, converties à Christ. Il lui semblait que son travail là-bas n’était pas terminé. Pendant bien des années, il n’avait pas eu suffisamment d’appui financier pour tenir d’autres campagnes de guérison en Afrique. On lui avait ensuite promis un soutien financier, mais il n’avait pas pu obtenir de visa. Il soupçonnait que les interférences venaient des dirigeants religieux de l’Afrique du Sud qui détenaient beaucoup de pouvoir politique avec leur Comité national. En 1965, Bill se ressaya pour obtenir des visas pour l’Afrique du Sud et le Mozambique. Les deux demandes de visa furent approuvées, moyennant des restrictions : il pouvait y entrer pour chasser, mais pas pour tenir des réunions religieuses. Apparemment, l’Afrique du Sud était sous tension due à de l’agitation politique. Les fonctionnaires du gouvernement craignaient que tout rassemblement important d’indigènes (rappelons-nous que sa campagne de 1951 avait attiré des dizaines de milliers d’autochtones à ses réunions) risquait d’engendrer des émeutes. Bien que déçu par ces restrictions, il acheta néanmoins des billets d’avion pour lui-même et Billy Paul.

Ils atterrirent à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 26 mai 1965. Sidney Jackson les rencontra à l’aéroport. Quelques jours plus tard, ils s’envolèrent tous trois sur Beira, sur les côtes du Mozambique. Ils engagèrent un guide et s’équipèrent pour un safari de trois semaines. Ils louèrent un Land Rover, un robuste véhicule tout terrain à quatre roues motrices, aux lignes plutôt carrées, de fabrication britannique. Chargeant le Land Rover de tout le ravitaillement nécessaire, ils roulèrent 150 milles [240 km] en direction ouest vers des régions très sauvages. La savane africaine est composée de prairies subtropicales parsemées d’épineux à très petites feuilles. De grands troupeaux d’herbivores migrent à travers la savane : des éléphants, des girafes, des zèbres, des gnous, des bouquetins et plusieurs autres encore. Plusieurs prédateurs chassent ces troupeaux : des lions, des léopards, des guépards, des hyènes, des chacals, des aigles, des faucons et des vautours.

Pendant trois semaines, Bill et ses compagnons vécurent en pleine brousse, chassant de jour, cuisinant leurs repas sur le feu en soirée, et dormant leurs nuits sous la tente. Tous les quelques jours, ils déménageaient le camp pour changer d’emplacement. Une fois, vers 5 h (17 h) de l’après-midi, Bill eut une vision de deux indigènes à peau foncée qui en portaient un troisième sur une civière. Il était évident, dans cette vision, que le troisième homme souffrait d’une maladie contagieuse.

Lorsque la vision se termina, Bill se rendit à la tente de Sidney Jackson et dit : «Frère Jackson, dans un petit moment, ils vont nous amener un homme souffrant de variole. Si je comprends bien, la loi mozambiquienne stipule qu’ici en pleine savane, si une personne malade demande de l’aide, nous sommes obligés de la conduire à l’hôpital ou au médecin le plus rapproché.»

«C’est exact, Frère Branham. Et dans notre cas, cela signifie l’hôpital de Beira, à 150 milles [240 km] d’ici. Bien que nous n’enverrions que notre guide, nous serions obligés de rester ici pendant deux jours, sans véhicule.»

«Frère Jackson, si l’on vous demandait de prier pour cet homme, lui imposeriez-vous les mains, sachant que la variole est contagieuse?»

Jackson lui répondit en souriant : «Je ferais comme un certain Irlandais m’a déjà recommandé de faire — “tire d’abord, argumente après.” «Il faisait référence, bien sûr, à ce que Bill lui avait dit une fois lors d’une expédition de chasse.

«Viens avec moi», lui dit Bill. Il se retourna et se mit à marcher dans les herbes hautes qui bordaient leur camp. Jackson le suivit. À 100 degrés Fahrenheit [près de 38 degrés Celsius], l’air était cuisant. Bill ne marchait pas dans un sentier, il se frayait tout simplement un chemin à travers l’herbe à éléphant qui s’élevait à 7 pieds [2,15 m]. Naturellement, il ne pouvait absolument rien voir devant lui. À environ 200 verges [180 m] du camp, il s’arrêta et dit : «Ne bougez pas.»

Après une minute d’écoute, ils entendirent un bruissement d’herbe qui venait vers eux. Trois hommes se frayaient un chemin dans l’herbe à éléphant : deux hommes qui en portaient un troisième sur une civière faite de lambeaux d’écorces tissés ensemble. Celui qui était à la tête du cortège était bien intrigué à la vue de deux hommes blancs tapis dans ces herbes hautes et denses. Sidney Jackson leur adressa la parole en langage autochtone, leur demandant de déposer la civière afin que l’évangéliste et lui-même puissent prier pour leur ami. Tandis que les hommes déposaient la civière, le malade gémissait de douleur. Malgré la grande chaleur qu’il faisait ce jour-là, lorsque Bill et Sidney s’agenouillèrent et posèrent leurs mains sur lui, ils pouvaient sentir l’ardeur de la fièvre qui le consumait et qui montait vers eux. Après une courte prière, Bill se leva et retourna au camp. Les autres les suivirent. Lorsque les trois indigènes arrivèrent à la clairière de cette forêt d’herbes hautes, ils s’adressèrent au guide qui installa la civière à l’arrière du Land Rover, et partit immédiatement pour l’hôpital. Tous les autres prirent leur repas du soir et allèrent se coucher, chacun dans sa tente.

À l’aube, Sidney Jackson était surpris de voir que le Land Rover était déjà de retour. Il réveilla le guide et lui dit : «Tu as fait ce voyage à Beira très rapidement.»

Le conducteur lui répondit : «Non, je ne me suis pas rendu à Beira. À peine quelques milles [kilomètres] en dehors du camp, l’homme sur la civière a cogné sur le toit de la cabine et m’a dit : “Laisse-moi descendre ici. Ma maison est toute proche d’ici.” Alors, je l’ai fait descendre et je suis revenu au camp.»

«N’était-il pas malade?»

«Non. Il m’a dit qu’il se sentait aussi dispos qu’une ondée de pluie fraîche.»

Un jour, Billy Paul avait tué un léopard qui décimait les troupeaux de bétail à l’orée d’un village. Les autochtones de l’endroit étaient très reconnaissants et préparèrent un festin pour célébrer leur délivrance des griffes du léopard. Les chasseurs se joignirent aux festivités et Bill contribua à la fête en offrant une partie de la viande d’un zèbre qu’il avait tué.

Quelques jours plus tard, les chasseurs découvrirent la piste d’un buffle africain. Les buffles africains sont une race de bovins de grande taille, dotés de grandes cornes recourbées vers le bas et reconnus pour leur mauvais caractère. Sidney conseillait fortement à Bill de prendre son fusil à éléphant, un .416 Rigby Nitro, mais Bill voulait utiliser son .300 Weatherby, celui qui lui avait été offert par des amis pour remplacer le fusil qui lui avait explosé au visage. Ils suivirent la trace du buffle pendant plusieurs heures jusqu’à ce qu’ils le trouvent en train de brouter de l’herbe rase. Comme les chasseurs rampaient pour s’en rapprocher, l’animal flaira leur odeur. Il baissa la tête illico et chargea contre eux. Bill le descendit d’une balle (au grand soulagement de Sidney, car, comme Sydney aimait l’expliquer, Bill n’aurait pas eu le loisir d’en tirer une deuxième.)

Bill voulait tuer un lion, mais ils n’en virent pas un seul pendant deux semaines. Il tendit alors un piège. Il tua tout d’abord un zèbre, puis il attacha l’animal mort derrière le Land Rover et le traîna autour d’un arbre, en décrivant de grands cercles ; finalement, il laissa la carcasse au pied de l’arbre, espérant qu’un lion flairerait le zèbre et en suivrait l’odeur jusqu’à l’arbre. Après quelques jours d’attente infructueuse, il tenta une approche différente. Il demanda aux quatre traqueurs indigènes de battre les broussailles en faisant le plus de bruit possible tout en décrivant un grand arc de cercle, afin de faire peur au lion et l’inciter à courir dans le champ de tir des chasseurs. Cette méthode s’avéra aussi infructueuse que la première.

Malgré cette déception, le safari fut couronné de succès. Ensemble, Bill et Billy Paul emportèrent 33 trophées. De retour à Beira, Bill fit empailler les têtes et tanner les peaux. Le tout serait ultérieurement expédié à Tucson, en Arizona, où ils les placeraient dans sa nouvelle salle de séjour.

Avant le départ des chasseurs pour Beira, un autochtone courut vers Sidney Jackson pour lui dire que quelqu’un voulait voir «le maître». Sidney suivit l’autochtone vers une salle où un jeune homme l’attendait. C’était l’homme à la civière pour qui Bill et Sidney avaient prié lorsqu’il brûlait de fièvre, là-bas dans les hautes herbes. Incroyablement, cet homme avait parcouru une distance de 150 milles [240 km], à pied, juste pour venir remercier «le maître «d’avoir prié pour lui. Sidney Jackson le dirigea vers William Branham, et ensemble, les deux chasseurs lui parlèrent du salut en Jésus-Christ.

QUELQUES JOURS après son retour d’Afrique, William Branham rêva qu’il était redevenu un jeune homme et qu’il occupait son poste original pour la compagnie des services publics d’Indiana. Dans ce rêve, il était à pied et il percevait l’argent des clients pour payer leurs comptes d’électricité. C’était une journée très chaude et la sueur ruisselait de ses tempes alors qu’il marchait le long de la rivière. Déposant l’argent des clients et leurs reçus par terre, il enfila son maillot de bain et sauta dans l’eau fraîche. Il pensa : «Ce n’est pas correct. Je ne devrais pas être en train de me baigner pendant mes heures de travail. «Sortant de l’eau, il remit son uniforme de travail. Soudainement, un coup de vent emporta les reçus, et ne laissa que les pièces de monnaie. «Que vais-je faire maintenant?», pensa-t-il. «Je ne me souviens plus qui a payé quelle somme. La seule chose qui me paraît plausible serait de laisser tout cet argent à la caissière, et lorsque les clients recevront un avis de retard de paiement, ceux qui auront déjà payé leur compte pourront apporter leur reçu en guise de preuve de paiement. Néanmoins cela entraînera beaucoup d’ennuis. Tout ça à cause de ma négligence!»

Lorsque Bill se réveilla, il se retourna dans le lit. Meda cligna des yeux, puis les ouvrit tout grands : «As-tu bien dormi?», demanda-t-elle.

«Non. Je rêvais que je travaillais encore à la compagnie des services publics.»

«Encore? «demanda-t-elle, un peu surprise.

Au cours de la dernière année, Bill avait rêvé plusieurs fois qu’il était de retour à son poste de travail pour la compagnie des services publics à Jeffersonville ; et à chaque rêve, il lui arrivait un malheur quelconque. La fréquence de ces rêves le troublait. Le Seigneur essayait-Il de lui dire quelque chose? Au commencement de l’année, il avait demandé au Seigneur de lui donner une vision pour lui révéler s’il avait commis une erreur afin qu’il puisse mettre la chose en ordre. À ce jour, le Seigneur ne lui avait donné aucune vision pour lui expliquer ses rêves.

Ils prièrent ensemble, comme c’était leur coutume matinale. Puis Meda alla à la porte voisine réveiller les enfants. (Souvenez-vous qu’ils demeuraient dans un duplex.)

«Seigneur, pria Bill, qu’ai-je fait de mal pour que mon subconscient ne me laisse pas oublier mon ancien travail? Je dois être un type exécrable.»

Après s’être lavé et habillé, une pensée lui vint à l’esprit : «Serais-je en train de négliger le travail du Seigneur? C’est peut-être ce que le Seigneur essaie de me dire par le biais de ces rêves.»

Saisissant sa Bible, il s’assit à son pupitre. Ce n’était qu’un simple petit pupitre de bois, à peine plus large que la chaise qui lui était assortie — à peu près aussi gros qu’un… qu’un si petit appartement le permettait. Il dit : «Seigneur, dans l’Ancien Testament, si Tes enfants se questionnaient au sujet d’un rêve, Tu leur parlais à travers l’Urim et le Thummim — grâce à cette lumière surnaturelle qui chatoyait sur les douze pierres précieuses du pectoral de Ton grand sacrificateur.16Mais cette sacrificature a changé, et c’est la Bible qui est devenue Ton Urim et Thummim. Seigneur, puisque Tu ne m’as pas donné une vision pour expliquer mes rêves, alors je Te demande de me montrer quelque chose dans Ta Bible qui m’en donnera l’explication. Il doit sûrement y avoir un personnage à l’intérieur de ces pages qui se rapporte à moi. S’il y en a un qui a fait quelque chose de mal, quelque chose qui correspond à ce que j’aurais fait et qui T’a déplu, permets-moi de tourner aux bonnes pages afin que je puisse voir ce qui en retourne et mettre la chose en ordre. S’il y en avait un qui avait une tâche à accomplir, et que Tu voulais que je fasse la même chose, alors montre-la-moi.»

Bill tint sa Bible debout devant lui, le dos du livre appuyé sur le pupitre, les couvertures du livre fermées et pressées entre ses mains. Fermant les yeux, il sépara ses mains de façon à ce que la Bible puisse s’ouvrir par hasard. Pesant fort avec son index sur la page ouverte, il ouvrit les yeux et lut le verset que son index touchait. C’était Genèse 24:7 : «L’Éternel, le Dieu du ciel, qui m’a fait sortir de la maison de mon père…»

«Hmmm», pensa-t-il. «Qui parle à qui? «Il jeta un coup d’œil au sous-titre du chapitre pour en saisir le contexte. Abraham voulait trouver une épouse pour son fils, Isaac. Ici, au verset 7, Abraham était en train d’envoyer son serviteur Éliézer, en trouver une en Mésopotamie. Abraham disait : «L’Éternel, le Dieu du ciel, qui m’a fait sortir de la maison de mon père et de ma mère, qui m’a parlé et qui m’a juré en disant : Je donnerai ce pays à ta postérité, Lui-même enverra son ange devant toi ; et c’est de là que tu prendras une femme pour mon fils.»

Il enverra Son ange devant toi? Comme c’est frappant. Un frisson parcourut son dos. Il songea à l’ange du Seigneur qui avait été son guide et son compagnon depuis le commencement de son ministère. Bill réalisa qu’il avait une commission semblable à celle d’Éliézer ; seulement, sa commission était de trouver une épouse pour Quelqu’un de bien plus grand qu’Isaac. Il était en train de chercher une Épouse pour le Seigneur Jésus-Christ.

1 Apocalypse 7:14 ; 14

Jules Pierre Moune

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